Histoire

Il était une fois l’uniforme scolaire était militarisé

Lin Chieh-An
| No. 8 | Posted on 3rd Nov 2016

À Taïwan, chaque école primaire, chaque collège ou chaque lycée possède son propre uniforme. Mettre l’uniforme d’école est une banalité insignifiante. Du Blanc, du vert, du bleu ou d’autres couleurs : la sortie d’école ressemble souvent à une peinture monochrome.

Cependant, il n’en a pas toujours été ainsi. Avant les années 80, il n’y avait aucune diversité dans les tenues, tout était réglementé par le gouvernement : un chemisier blanc et une jupe noire pour les filles et une chemisette blanche et un pantalon de couleur kaki pour les garçons. On l’appelait alors la « tenue scolaire ». Ce n’était pas tout. Pour les jours où un cours de « formation militaire » avait lieu, chacun devait enfiler un autre habit, cette fois-ci entièrement kaki ! On le désignait alors par « tenue uniforme ». Aujourd’hui, la tenue uniforme n’existe plus et le mot « uniforme » désigne en principe la tenue scolaire, mais il existe toujours des interlocuteurs, sûrement plus âgés, qui distinguent ces deux notions.

La tenue uniforme kaki reflétait parfaitement le contexte historique : le gouvernement se préparait pour une guerre. En effet, après que le Parti nationaliste chinois (Kuomintang, KMT) perdit la guerre civile aux communistes et se réfugia à Taïwan, une série de mesures militaristes fut imposée à tous les niveaux de la société insulaire. En ce qui concerne l’éducation, elle ne manquait pas d’éléments militaires : règles sur la coupe de cheveux et sur les tenues, cours de formation militaire et surtout emplacement des instructeurs militaires dans les collèges, les lycées et les universités.

Maintenant cependant, les établissements scolaires sont moins militarisés. L’opinion publique veut que les instructeurs militaires retournent aux bases ; et les règles vestimentaires sont très souples. Pourtant, les adolescents d’aujourd’hui sont très fiers de porter leur couleur respective, tout comme nos voisins japonais. Une coutume s’est d’ailleurs installée : les étudiants taïwanais organisent une fois par an la « journée des uniformes », pour se débarrasser de leur nostalgie vestimentaire.